L’étape de l’entrevue peut s’avérer
stressante pour la majorité des candidats. On peut facilement
imaginer la tension que présente le processus pour des candidats
étrangers à la culture canadienne. L’entrevue est
conçue à l’intention des deux parties et vise à
faciliter leur connaissance mutuelle. La recherche a montré que
les différences culturelles constituent un facteur essentiel
de la manière dont les actions et les questions sont perçues
au cours du processus d’entrevue. Avant de mener celle-ci, il
faut se demander si ses questions sont inclusives ou si l’on a
pris les mesures nécessaires pour réprimer tous les préjugés
latents.
En début de série nous avons mentionné quelques
conseils importants sur l’approvisionnement en candidats auprès
d’un bassin diversifié et non traditionnel Lien a la première
édition. Dans le numéro précédent, nous
discutions de meilleures pratiques en matière de sélection
Lien a la dernière édition. Dans ce numéro,
nous offrons quelques conseils clés sur la manière de
mener des entrevues culturellement inclusives :
1. Éviter de sauter aux conclusions
Les premières impressions constituent un facteur très
important de l’entrevue, et peuvent s’avérer décourageantes
lorsqu’on doit discuter avec quelqu’un qui nous est différent.
Le premier défi consiste à réprimer toute forme
de préjugé latent. Éviter de comparer et de juger.
Conclure à partir de facteurs tels que l’accent du candidat,
son pays d’origine, ses capacités en langue anglaise, sa
capacité physique ou son sexe entraînera une défection
de l’employé potentiel, employé qui aurait pu être
un excellent élément au sein de votre organisation.
Il est préférable de commencer par établir un
niveau de confort grâce auquel le candidat et vous serez mutuellement
à l’aise. Concentrez-vous sur le curriculum vitae et les
compétences du candidat, et notamment les précieuses contributions
qu’il pourrait apporter à votre organisation.
2. Être sensible aux différences culturelles
Les différentes cultures ont chacune leur façon de d’interpréter
des concepts comme le temps, l’espace personnel, le langage corporel,
les salutations et les échanges de regard. Ces différences
peuvent affecter la manière dont le candidat est perçu
par un employeur canadien.
Examinons cet exemple : quelques candidats peuvent arriver avec 10 minutes
de retard à une entrevue sans que cela ne les dérange.
Certains employeurs canadiens peuvent juger irrespectueuse cette attitude
ou que ces candidats n’attachent pas suffisamment d’importance
à l’emploi. On peut aussi penser que c’est un défaut
dû au caractère même du candidat. Toutefois, dans
certaines cultures, comme chez les Latino-Américains par exemple,
le fait d’arriver en retard n’est pas répréhensible.
Le candidat peut, en l’occurrence, penser qu’il est ponctuel.
Les différences culturelles conflictuelles peuvent engendrer
une impression négative du candidat. Les employeurs doivent toujours
tenir compte du fait que les professionnels formés à l’étranger
puissent à l’occasion ignorer les pratiques culturelles
canadiennes au cours du processus d’entrevue. Les employeurs doivent
se renseigner sur les différentes attentes culturelles pendant
l’entrevue. Ils devraient également aller au-delà
de ces différences et structurer l’entrevue de manière
à mettre l’accent sur les compétences et aptitudes
du candidat plutôt que sur les différences culturelles.
3. Poser les bonnes questions
Il s’agit d’un aspect particulièrement important
lorsqu’on traite avec des candidats de différentes origines
culturelles. Certaines questions peuvent provoquer des réponses
qui affectent inconsciemment la manière dont vous percevez le
candidat lorsqu’il s’étend sur un sujet qui peut
être qualifié de personnel ou n’ayant pas de rapport
avec l’entrevue. Dans certaines cultures, il peut être malséant
de poser certaines questions à propos de la famille ou de convictions
religieuses. Le fait de poser ouvertement des questions sur une validité
du candidat érige immédiatement un obstacle à l’entrevue.
Les questions de l’entrevue devraient être impartiales et
exemptes de préjugés, en plus d’être respectueuses
des législations.
Voici un aide-mémoire qui fera en sorte que le processus d’entrevue
vous permette de sélectionner le meilleur candidat :
✓ Ai-je revu mes questions pour m’assurer qu’elles
sont exemptes de préjugés culturels
?1
✓ Ai-je réfléchi à la possibilité
de provoquer plus d’une réponse à une même
question ?
✓ Le candidat dispose-t-il d’assez temps pour préparer
ses réponses ?
✓ Y a-t-il dans la conduite du candidat des aspects que j’ai
trouvés inconvenant ?
Pourquoi ?
✓ Quels est la pertinence des traits de personnalité
que je recherche ? Quelle
est l’interprétation que peuvent
lui donner différentes cultures ?
✓ Avons-nous un comité d’embauche représentatif
(diversifié) ?
✓ Mon style de communication est-il suffisamment souple ?
La clé d’une main-d’œuvre diversifiée réside
dans la restructuration des stratégies de RH de votre organisation
de manière à les rendre plus inclusives. Le processus d’entrevue
devrait refléter cette inclusion en mettant l’accent sur
les forces et les compétences du candidat plutôt que sur
les différences. En appliquant activement ces conseils, les entrevues
des différents candidats devraient devenir plus faciles et vous
rapprocher un peu plus de votre objectif, c’est-à-dire un
milieu de travail inclusif.